Bactérie E.coli : des graines germées responsables de l’épidémie mortelle

Le jeudi 16 juin 2011 par Duclair environnement.

Bactérie E.coli : des graines germées sont responsables de l’épidémie mortelle
LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 10.06.11 | 10h39  •  Mis à jour le 10.06.11 | 16h23
Les autorités allemandes ont annoncé, vendredi 10 juin, qu’elles avaient enfin identifié l’origine de la contamination par la bactérie E.coli, qui a fait trente et un morts : ce sont des graines germées produites en Allemagne. Concombres, salades et tomates sont hors de cause.
Alors qu’une femme de 75 ans est morte en Basse-Saxe vendredi 10 juin, portant le bilan de l’épidémie à 31 morts, il semble que « la source d’infection n’est plus active », et que « les chiffres de nouveaux malades infectés baissent », ont affirmé les autorités sanitaires allemandes.
Dans un entretien au Monde.fr, Christophe Nguyen-The, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) en microbiologie des aliments d’origine végétale, expliquait en quoi la production de graines germées, « très favorable à la multiplication des bactéries », peut être la source de la contamination « en dépit de ces résultats négatifs » dans un premier temps.
« PAS D’AUTRE PISTE SÉRIEUSE »
Dans la traque à l’origine de la contamination par une bactérie mortelle en Allemagne, les soupçons se sont resserrés ces derniers jours autour d’une exploitation du nord du pays qui produit des graines germées, a expliqué la ministre de l’agriculture allemande, Isle Aigner. « Pour l’instant, les indices s’accumulent [faisant penser] que des graines germées d’une exploitation de Basse-Saxe pourraient être infectées », a dit Mme Aigner. A une question sur la certitude absolue de cette piste, le directeur de l’Institut Robert-Koch (RKI), l’institut fédéral de veille sanitaire a répondu : « Il n’y a pas d’autre piste sérieuse que les graines germées. »
Le ministre de l’agriculture de Basse-Saxe, Gert Lindemann, a abondé dans le même sens, dans une interview au magazine Focus à paraître lundi : il a évoqué « une série d’indices » contre l’exploitation Gärtnerhof de Bienenbüttel, qui est « l’araignée dans la toile », selon lui.
ALERTE SUR LES CONCOMBRES, TOMATES ET SALADES BIENTÔT LEVÉE

L’alerte de l’Allemagne contre la consommation de concombres, de tomates et de salades crus « doit être levée aujourd’hui [vendredi 10 juin] ».AFP/JOHANNES EISELE
Selon les analyses, « les gens qui ont mangé ces graines ont neuf fois plus de chances d’avoir des diarrhées sanglantes et d’autres signes d’infection par la bactérie ECEH que ceux qui n’en ont pas mangé », a indiqué le RKI. L’entreprise a pu utiliser des semences souillées ou bien un employé de l’exploitation a pu infecter les lieux en raison d’un « manque d’hygiène », a ajouté M. Lindemann.
L’alerte de l’Allemagne contre la consommation de concombres, de tomates et de salades crus  « doit être levée aujourd’hui [vendredi 10 juin] », selon l’une des autorités impliquées dans ce dossier. « Des milliers d’analyses effectuées sur des tomates, des concombres et des salades n’ont strictement rien donné », a précisé un responsable de cette autorité, qui ne voulait pas être cité.
Les dirigeants de l’Union européenne et de la Russie, réunis vendredi pour un sommet à Nijni Novgorod (500 km à l’est de Moscou), se sont mis d’accord sur la levée de l’embargo sur les légumes européens imposé par la Russie le 2 juin au motif du risque bactérien.
« Nous sommes heureux de nous être mis d’accord pour lever l’embargo sur les légumes européens », a déclaré José Manuel Barroso, président de la Commission européenne. Le président russe, Dmitri Medvedev, a confirmé « Nous sommes prêts à ce que ces livraisons reprennent avec la garantie des services compétents de l’Union européenne, c’est absolument vrai ». L’UE doit envoyer des certificats à la Russie vendredi 10 juin ou samedi 11 juin pour permettre de lever cet embargo.
Pour en savoir plus :
Lire l’article « Le fédéralisme allemand à l’épreuve de la gestion de crise »
Lire l’entretien avec la directrice de l’Institut français de veille sanitaire : « Tout se passe comme si le suspect se fondait dans la masse »

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