Archive pour mars 2011

« On ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident grave en France »

jeudi 31 mars 2011

André-Claude Lacoste, président de l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN)

| 30.03.11 | 12h26  •  Mis à jour le 30.03.11 | 17h41

Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste, à Paris, le 16 mars 2011.AFP/JACQUES DEMARTHON

André-Claude Lacoste, préside l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN), a mis sur pied une cellule de crise pour conseiller les pouvoirs publics et informer la population depuis le début de la catastrophe de Fukushima.

Quel regard portez-vous sur la crise nucléaire à Fukushima ?

André-Claude Lacoste : Le Japon vit un drame absolu, effroyable. Le séisme et le tsunami ont fait au moins 25 000 morts, sans compter les sans-abri. L’accident nucléaire n’est qu’un élément de cette tragédie.

Concernant l’état de la centrale, deux éléments sont positifs : les Japonais ont remplacé l’eau de mer par de l’eau douce pour refroidir les cuves des réacteurs et maintenir le niveau d’eau dans les piscines de combustibles usés ; et nous avons moins d’inquiétudes sur l’état de ces piscines.

Pour autant, nous sommes toujours face à une crise majeure. L’issue dépend de deux facteurs : le rétablissement d’un refroidissement permanent des installations par de l’eau douce et la disponibilité d’une source froide. Il faudra un nombre considérable de semaines ou de mois, d’autant qu’il y a maintenant des fuites permanentes de radioactivité, sans qu’on sache très bien d’où elles émanent.

Les conditions d’intervention sont extrêmement difficiles. Il ne s’agit pas d’« opérations suicide »: on n’envoie pas les travailleurs à la mort. Mais leur temps d’intervention est très limité: on parle d’une vingtaine de minutes, ce qui est très court.

Qu’en est-il de la contamination de la région de Fukushima ?

Sur le site, la radioactivité est très intense. Alentour, il faut attendre de disposer de chiffres pour se prononcer. Tout dépend des concentrations que l’on trouvera, notamment en iode et en césium radioactifs. J’ai le sentiment que la zone d’évacuation de la population [dans un rayon de 20 km] et celle de mise à l’abri [10 km supplémentaires] représentaient des périmètres raisonnables.

Mais il est clair qu’il existe une dispersion de radioactivité au-delà des 30km en « taches de léopard ». La gestion de ces territoires contaminés va durer des années, sinon des décennies. Lire le reste de cet article »

Comment Fukushima a remis Anne Lauvergeon en selle

jeudi 31 mars 2011


Par Julie de la Brosse publié le 29/03/2011 à 18:27

Le vent semble tourner favorablement pour Anne Lauvergeon. En pleine crise du nucléaire, la patronne d’Areva pourrait être reconduite afin d’assurer le service après vente de l’EPR. L’Elysée doit prendre sa décision dans quelques jours.

Le vent serait-il en train de tourner pour Anne Lauvergeon ? Ses chances d’être reconduite à la tête d’Areva semblent en tous cas n’avoir jamais été si élevées. Selon BFM, la patronne d’Areva serait quasiment assurée de conserver la présidence du directoire. La question de sa reconduction ne se poserait même plus, affirme la radio économique, qui cite ce mardi des sources proches du dossier, au lendemain d’une réunion du conseil de surveillance censée voter la modification de la cotation du groupe.

La semaine dernière c’est Eric Besson qui n’excluait plus une reconduction d’Anne Lauvergeon pour un troisième mandat. Depuis des mois pourtant, les rumeurs d’éviction allaient bon train. A plusieurs reprises son débarquement, « imminent », a même été annoncé par la presse, tablant à tour de rôle sur Yazid Sabeg (patron de CS), Alexandre Djourhi, ou encore Pascal Sourisse (membre du comité exécutif de Thalès) pour lui succéder. Et pourtant Anne Lauvergeon, est toujours là, se battant avec férocité pour garder sa place. Alors que son mandat arrive à échéance le 30 juin prochain, et qu’une procédure de désignation a été lancée en Conseil des ministres, Anne Lauvergeon n’aura peut-être pas besoin de vider si tôt son prestigieux bureau de la rue Lafayette. Lire le reste de cet article »

Malgré la crise nucléaire Areva lance la cotation de ses actions

jeudi 31 mars 2011

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/20110328trib000611106/malgre-la-crise-nucleaire-japonaise-areva-lance-la-cotation-de-ses-actions.html

Groupe nucléaire
Malgré la crise nucléaire japonaise, Areva lance la cotation de ses actions
Source : La Tribune.fr – 28/03/2011 | 09:04
Le conseil de surveillance d’Areva doit approuver ce lundi le lancement de la cotation du groupe. En dépit de la déstabilisation du secteur.
Des actions Areva cotées en Bourse. Si Anne Lauvergeon en rêve depuis dix ans, le moment n’aurait pu être plus mal choisi, avec l’accident de Fukushima qui glace le monde entier en commençant par le secteur nucléaire. Le conseil de surveillance du groupe français doit cependant approuver, ce lundi matin, le lancement de la procédure qui permettra, d’ici à fin juin, d’échanger des actions Areva à la Bourse de Paris. L’opération doit être soumise à l’approbation de l’Autorité des marchés financiers courant avril.
Areva n’a pas choisi ce calendrier. La cotation d’actions du groupe avant le 30 juin 2011 est une des conditions que le fonds souverain du Koweït (KIA) a imposées afin de garantir une liquidité aux 4,8 % du capital d’Areva qu’il a achetés en décembre dernier. Si ce calendrier n’est pas respecté, l’État français s’est engagé à racheter à KIA sa participation, à un prix au moins égal à celui qu’il a payé, soit 600 millions d’euros. Une faveur rare accordée par l’État, en mauvaise posture dans cette négociation. Cette option de vente, valable jusqu’au 30 septembre 2011, fournirait une voie de sortie sans frais si KIA jugeait les perspectives du secteur nucléaire et d’Areva trop assombries. Lire le reste de cet article »

Contamination, scénario du pire : Etat des lieux à Fukushima

mercredi 30 mars 2011

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeche/top-news/20110328.AFP7191/contamination-scenarios-du-pire-etat-des-lieux-a-fukushima.html


La situation reste précaire à la centrale nucléaire de Fukushima. Quelle est l’ampleur de la contamination ? Pourquoi y a-t-il des poches d’eau très radioactives dans certains bâtiments ? La cuve des réacteurs 2 et 3 est-elle percée ? Quel est le scénario du pire ?

Q: Quelle est l’ampleur de la contamination ?

R: Sur le site même de la centrale de Fukushima, le niveau de radioactivité est très élevé, en raison des rejets et des fuites des réacteurs.

La présence d’eau contaminée dans certains bâtiments de la centrale complique encore la tâche des travailleurs qui tentent de maîtriser l’accident. Une analyse démontre « une très forte contamination, conduisant à un débit d’équivalent de dose de 1.000 millisieverts (mSv) par heure pour le réacteur 2 et 750 mSv par heure pour le réacteur 3 », indique l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN).

« Ca veut dire qu’en un quart d’heure, quelqu’un qui viendrait se mettre à côté d’une eau comme ça prendrait la dose maximale autorisée par an » pour les personnes qui interviennent en urgence sur le site, soit 250 mSv, précise Thierry Charles, directeur de la sûreté à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Tepco, l’opérateur de la centrale, a reconnu lundi pour la première fois que de l’eau fortement radioactive s’était échappée des bâtiments des réacteurs, et qu’elle pourrait déjà avoir ruisselé jusqu’à l’océan Pacifique tout proche. Lire le reste de cet article »

Japon: les suites des catastrophes

mercredi 30 mars 2011


Communiqué de presse du 18 mars 2011

Emotion, soutien, solidarité,…mais aussi interrogations, réflexion sur la politique énergétique…

Les conséquences du tremblement de terre au Japon et du tsunami qui l’a suivi sont dramatiques.

La population japonaise vit une catastrophe qui a peu de précédents. Les autorités font état d’un bilan provisoire de plusieurs milliers de victimes et de disparus. Des centaines de milliers de personnes sont sans toit. Les destructions de bâtiments publics et privés, d’infrastructures sont colossales, leurs conséquences sociales, économiques, environnementales et écologiques considérables.

La catastrophe naturelle se double désormais d’une catastrophe industrielle et nucléaire majeure. Lire le reste de cet article »

FUKUSHIMA : la catastrophe a été provoquée par l’imprudence des hommes

mardi 29 mars 2011

Eisaku Sato, ex-gouverneur de la préfecture de Fukushima
« La catastrophe actuelle a été provoquée par l’imprudence des hommes »
| 28.03.11 | 12h25  •  Mis à jour le 28.03.11 | 18h38

L’ancien gouverneur de la préfecture de Fukushima, Eisaku Sato, en septembre 2006.AFP

Tokyo, correspondant – Depuis des années, des personnalités politiques ont mis en cause le manque de transparence de la politique nucléaire japonaise. C’est le cas de l’ancien gouverneur de la préfecture de Fukushima, Eisaku Sato, qui avait engagé une bataille contre Tokyo Electric Power Company (Tepco), le propriétaire et l’exploitant de la centrale de Fukushima.
Réélu à cinq reprises, hostile à la politique néolibérale du premier ministre Junichiro Koizumi (2001-2006), cet ancien diplomate et sénateur, âgé de 71 ans, fut, entre 1988 et 2006, à la tête de la préfecture où il réside toujours.

Depuis des années, Tepco a falsifié des documents d’inspection. Vous-même, avez-vous pu constater ces malversations ?

Eisaku Sato : Il n’y a pas que Tepco qui est en cause. En 2002, mon administration a reçu un document de l’Agence pour la sécurité nucléaire et industriel (NISA) nous informant que Tepco avait reconnu avoir falsifié le contenu de rapports d’inspection concernant des dégâts détectés sur l’enveloppe du cœur de deux réacteurs dans Fukushima Daiichi. Lire le reste de cet article »

Les riverains de la centrale de Fukushima reverront ils leur maison ?

mardi 29 mars 2011

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeche/top-news/20110328.AFP7197/les-riverains-de-la-centrale-de-fukushima-reverront-ils-leur-maison.html


« Nous avons dû quitter la maison le lendemain du séisme, on ne pourra rentrer que lorsque la radioactivité aura disparu »: à l’instar de la famille Muto, des dizaines de riverains de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima sont provisoirement hébergés à Tokyo, pour un temps indéfini.

Depuis quelques jours, les halls de l’aile ouest du centre d’exposition Tokyo Big Sight, dans la baie de la capitale, sont réservés aux réfugiés des abords du site nucléaire, évacués après une série d’explosions et accidents qui menacent de dégénérer en catastrophe et de condamner la région.

« Nous sommes partis en vitesse en bus quand l’ordre d’évacuation a été lancé, nous avons laissé la voiture en plan et tous les animaux domestiques, deux chiens, quatre chats, et des tortues, on ne peut même pas aller les rechercher », confie Mami Muto, dont le domicile se situe à 5km seulement des six réacteurs du site Fukushima Daiichi (Fukushima 1), au nord-est du Japon.

« On ne pourra rentrer que lorsque la radioactivité aura disparu, mais en l’état actuel des choses, rien ne semble s’arranger », désespère cette mère de famille, abritée à Big Sight avec son mari et sa fille.

« Nous n’étions pas vraiment inquiets de résider près d’une centrale nucléaire, on nous disait que c’était sûr, on le croyait », raconte-t-elle.

Et d’enchaîner: « désormais, si nous avions encore confiance en ce que disent les autorités, concernant la sécurité au-delà d’un rayon de 30 km, nous ne serions pas venus jusqu’ici, à plus de 200 km de Fukushima. » Lire le reste de cet article »

Radioactivité : Tepco sollicite l’aide d’experts français

mardi 29 mars 2011

Japon : séisme, tsunami et risque nucléaire

Publié le 28.03.2011, 00h50 | Mise à jour : 09h33

Fukushima (Japon), dimanche. Le danger d’une catastrophe nucléaire est loin d’être écarté alors que des fuites beaucoup plus radioactives que la veille ont été relevées dimanche.

La situation est loin de s’être stabilisée au Japon. Dimanche, un séisme de magnitude 6,5 s’est encore produit à 7h24 locale, au large des côtes du nord-est, et une mise en garde au tsunami a été lancée pour la côte de la préfecture de Miyagi, déjà la plus éprouvée par la catastrophe du 11 mars.

Le danger d’une catastrophe nucléaire est loin d’être écarté à la centrale de Fukushima, où des fuites beaucoup plus radioactives que la veille ont été relevées.

La situation très dégradée des réacteurs a entraîné un écoulement d’eau contaminée vers la mer, ce qui explique les très forts niveaux relevés. Ces quantités importantes d’eau contaminée ralentissent la progression des travaux. Selon l’IRSN, l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, cette situation précaire pourrait durer plusieurs semaines.Toujours selon l’RSN, l’alimentation d’eau douce pour le refroidissement des réacteurs est cependant un point positif.

Par ailleurs, la population s’est émue de l’annonce erronée par l’exploitant Tepco d’un niveau de radioactivité «10 millions de fois plus élevé» que la normale dans de l’eau échappée de la centrale. Le gouvernement a qualifié lundi cette erreur d’ «inacceptable», par la voix de Yukio Edano, son porte-parole.  Face à la complexité de la situation Tepco, a demandé l’appui de groupes industriels publics français pour faire face à la crise sur ce site : EDF, Areva et le CEA. Lire le reste de cet article »